Personnellement, quand je te dis que c'est vaste c'est parcequ'il y a pas mal de possibilités.
Un exemple: en hémato, les familles connaissent parfois de longs mois en avance le pronostic péjoratif de leur proche. Ils ont donc le temps de se preparer, de dire au revoir, de regler des petits details qui ont leur importance a leurs yeux...
En ce qui concerne les prelevement multi organes (PMO) oui il y a une PEC particuliere, heureusement d'ailleurs. Nous avons une ide coordinatrice qui ne s'occupe que de ca et un medecin spécialisé. Nous meme sommes sensibilisés a l'accompagnement familial. Certaines collègues aiment moins il faut dire que c'est particulier.
Il y a dans un premier temps l'annonce tres rapide du pronostic vital qui est mit en jeu, nous l'annoncons avec l'ide coordinatrice et le medecin. Nous les laissons entrer dans la chambre du patient et restons avec eux pour qu'ils realisent ce qu'il se passe. Nous leur expliquons le fonctionnement des machines, les medicaments qui passent, les alarmes, ... Nous repondons a leurs questions. Nous sommes parfois accompagné de gendarmes (dans les cas d'AVP ou de trouble de l'ordre public). En fonction de leur stabilité, le delai est plus ou moins long pour l'annonce de l'etat de mort encephalique. Ca peut aller de qqs heures a 1 jour. Il nous faut le temps de faire tous les test et les prelevements sanguins necessaires pour l'agence de biomedecine. Pendant ce delai, la famille fait sa reflexion sur le don.
Quand la famille a donné son accord le patient part au BO, les chirurgiens des differents CHU (marseille, bordeaux, montpellier, lille....) prelevent le ou les organes qui leur ont été attribué. La famille n'aura jamais quitté l'ide coordinatrice qui aura été du debut a la fin avec eux ( sauf au moment ou elle doit tout coordoner avec les chu et l'agence de biomed).
Dans ces moments la c'est nous qui restons avec eux.
Le dernier que j'ai fait etait un peu spécial. Personnelement j'adore m'occuper de PMO. La famille avait donné son accord, le patient etait tres jeune, DCD dans un AVP, tres brutal pour la famille.
Mais les parents etaient aussi tres croyant, et pour dire au revoir a leur fils je dois avouer que je me suis sentie un peu larguée. La papa a commencer a faire ses prieres a voix haute, mes collègues tres génées sont sorties du dechocage et m'ont laissée me depatouiller...
Le patient etait tres instable, l'adre, la noradre et tout le reste commencaient a etre insuffisant.
Il fallait que je sois discrete pour maintenir le patient, et en meme temps qu'ils puissent leur faire leurs adieux...
Moi je te dirai que ca se fait un peu au feeling.... savoir rester pro et compatissante...